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La Congrégation générale, c'est l'instance suprême de gouvernement des Jésuites. La précédente s'est réunie de janvier à mars 1995. Treize ans entre deux Congrégations, c'est la durée moyenne depuis l'origine de l'Ordre (qui existe depuis 1540, avec une interruption d'une quarantaine d'années à la fin du 18 e siècle), mais c'est une durée relativement longue si l'on considère uniquement le 20 e siècle, où la moyenne est plus proche de dix ans. Qui en fait partie ? Les membres d'une telle assemblée sont soit élus par une Province, soit membres de droit au titre de leur fonction (provinciaux, assistants). De savants dosages ont été établis depuis la 33 e C.G. pour s'assurer que la majorité des membres sont élus, tout en permettant aux plus petites provinces d'avoir un de leurs membres présent, sans pour autant que le nombre dépasse 220 à 230 au total. C'est ce qui explique qu'au titre de la Province de France, il y aura quatre membres, ce qui est une légère sous-représentation si l'on se base sur un simple pourcentage entre le nombre de membres d'une Province et le nombre total de jésuites dans le monde. Cette dernière expression de “représentation” n'est d'ailleurs pas tout à fait propre ; en effet les membres d'une Congrégation ne représentent pas une Province, comme des délégués représenteraient les intérêts de leur syndicat. Ignace de Loyola a voulu qu'une Congrégation soit le Corps même de la Compagnie rassemblée, dans la dynamique d'une rencontre personnelle des compagnons de Jésus. S'il y a une dimension démocratique dans cette assemblée, avec des votes, avec des minorités et des majorités, les choix de chacun sont pesés à partir d'une expérience spirituelle personnelle et communautaire. On ne vient donc pas défendre un programme ou des intérêts, mais chacun se laisse éprouver par tout ce qu'il découvre et ressent des questions, des enjeux, des forces et faiblesses partagées, pour se décider dans l'Esprit. Quelles procédures de travail ? Ignace craignait que les Congrégations ne soient une perte de temps par rapport aux urgences de la mission. Il en est de même de nos jours. Il y a donc une intense préparation préalable, dans des commissions nommées par le Supérieur général, dans les Assistances (regroupement de Provinces par grandes régions du monde) et par chaque participant. Depuis trois ans, notamment pendant les Congrégations provinciales – donc dans toutes les provinces – et au cours d'une réunion de tous les Provinciaux à Loyola à l'automne 2005, des questions à traiter lors d'une prochaine Congrégation ont été repérées, déjà un peu débattues et confiées à des groupes de travail. Une commission préparatoire officielle, composée de membres de la future Congrégation , est au travail depuis plusieurs mois. Il ne s'agit pas seulement de prévoir l'organisation du travail, mais aussi de trier tout ce qui est arrivé à Rome venant des provinces, des personnes et des communautés. Cette commission préparatoire établit sur tous ces “postulats” un rapport communiqué aux membres de la Congrégation dès son début ; elle détermine des points importants demandant un travail préparatoire, ou même demande à un petit groupe d'écrire des esquisses de futurs décrets de la Congrégation. Une “ formula” décrit le fonctionnement d'une Congrégation générale. Il s'agit d'un ensemble de règles, souvent très précises, pour dire comment faire pour prendre une décision, pour amender un texte et le voter, pour élire des personnes au service de l'Assemblée, etc. Ces procédures, où est capitalisée une longue expérience, permettent de canaliser les énergies sur le fond des dossiers, puisque la forme et la manière de faire ne sont plus à préciser. L'innovation reste toutefois possible en cas de nécessité ; au cours de la 34 e C.G., le travail des divers commissions avait été “trop efficace” pendant les premières semaines : beaucoup trop de textes intéressants avaient été produits, où il n'était pas facile de discerner de lignes directrices. Après deux jours de débats sur la manière d'avancer malgré cette difficulté, la Congrégation confia un pouvoir important à trois petits groupes pour ordonner, amender et unifier toute cette production.
L'élection d'un Père Général C'est par la procédure menant à l'élection d'un nouveau Supérieur général que commencera la Congrégation. Elle recevra dès les premiers jours la démission du Père Général pour raison de santé (il a été élu en 1983) et aura à décider si elle l'accepte ou non. Une commission sera constituée, chargée d'établir un rapport sur l'état de la Compagnie de Jésus aujourd'hui, à travers le monde. Alterneront des réunions par groupes linguistiques, par Assistances et en assemblée plénière pour préparer la rédaction du rapport sur l'état de la Compagnie et en discuter. Ceci permettra d'affiner le profil du nouveau Supérieur général souhaitable dans les circonstances actuelles. L'élection d'un nouveau Supérieur général devrait avoir lieu avant la fin du mois de janvier, précédée de trois jours de “murmurations”. Il n'y a pas de liste d'éligibles, et surtout pas de candidats ; il n'y a plus de réunions de groupe, mais chaque membre de la Congrégation doit s'informer au mieux en interrogeant individuellement d'autres membres de la Congrégation. Au jour fixé pour l'élection, les membres s'enferment dans la grande salle de la Congrégation, et les votes se déroulent à huis clos, sans interruption jusqu'à ce qu'une personne recueille la majorité absolue : elle est alors applaudie et prend aussitôt la place du Supérieur général, et donc la présidence de elle est alors applaudie et prend aussitôt la place du Supérieur général, et donc la présidence de la Congrégation. Il n'est pas envisageable que celui qui vient d'être élu puisse refuser la mission confiée.
L'étude des dossiers Une deuxième période va s'ouvrir alors pour la Congrégation , celle de l'étude des dossiers importants pour laquelle elle a aussi été convoquée et qu'elle souhaite faire avancer. Seront alors élus un secrétaire et ses adjoints, ainsi qu'un groupe chargé d'organiser le travail. Des commissions seront ensuite créés pour aider à prendre en charge des dossiers et les présenter à la Congrégation. Le rythme de travail se partage désormais entre des temps de travail personnel, des travaux de commissions thématiques, des débats en groupes linguistiques et en Assistances pour aider au brassage des idées et aux débats. L'assemblée se réunit régulièrement pour prendre connaissance de l'avancement des travaux, délibérer sur leurs orientations, et en finale, après un long processus d'amendements, voter chaque texte, paragraphe par paragraphe, parfois ligne par ligne, avant son approbation globale ou son rejet. Les textes ainsi approuvés seront communiqués à toute la Compagnie ; ils serviront, au Supérieur général pour orienter son gouvernement ordinaire et/ou à la Compagnie universelle pour préciser ses missions et ses manières de servir l'Église. Quelques textes ont une nature juridique ; ils viennent préciser des aspects du droit. Un très gros travail a déjà été entrepris et conclu à la 34 e C.G. par l'établissement de “ Normes complémentaires ” : cette dimension législative ne devrait donc pas être très importante à la 35 e . D'autres textes précisent des priorités, indiquent des manières de faire, disent l'esprit qui anime la mission : ils définissent un cadre général que chaque région, chaque province et, en définitive, chaque jésuite doit prendre en compte et adapter à son contexte propre.
En résumé, à quoi sert une Congrégation générale ?
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Pour en savoir plus : > La convocation officielle de la 35ème Congrégation générale > Interview télévisée du supérieur général des jésuites > "Pourquoi j'ai convoqué cette congrégation générale" ? > Prier pour la préparation et le succès de cette rencontre > Comment les jésuites sont-ils gouvernés ? > Faire connaissance avec le Père Kolvenbach > Le gouvernement dans la Compagnie selon l'esprit d'Ignace > NC 262 : La charge de Préposé Général (expliquée dans les Normes Complémentaires datant de 1995) > Election du Préposé Général : ce qu'en disent les Constitutions > Le livre des entretiens avec le Père Kolvenbach : Faubourg du Saint-Esprit > Le Père Général parle de la Compagnie et de Pape > 5 questions à l'occasion de ses 50 ans de vie religieuse > Les cinq préférences apostoliques des jésuites selon le P. Kolvenbach > Sa lettre sur l'apostolat social > Sa visite à l'école Sainte-Geneviève (Versailles) > Son séjour au Cised (Saint-Denis) > Les résultats de la Congrégation des Procureurs de 2003 > Constitutions et Normes complémentaires de la Compagnie de Jésus |
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